Pôle emploi ou la fusion anpe assedic pour les nuls


« Nous sommes au front. Nous faisons tampon, buvard et bientôt punching ball ! »

Fusion Assedic-ANPE / Salariés au bord de la crise de nerfs

L'Ardennais édition Charleville Mézières le 9/12/09

CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). Insultes et menaces sont le quotidien des salariés de Pôle Emploi. Vendredi, un énième épisode, particulièrement violent, a marqué les esprits.

«J'VAIS t'enterrer vivante ! » « Vieille peau ! » Ce sont les seuls mots que les salariés syndiqués FO ont osé répéter, lundi matin, lors d'une de leur réunion départementale.
Ecœurés, désorientés, ils n'ont pas souhaité revenir trop en détail sur l'agression qui a eu lieu, vendredi dernier, dans les locaux du Pôle Emploi Montjoly à Charleville-Mézières.
Car l'individu mis en cause a semé la panique et choqué les esprits : « Il a bousculé le bureau, fait mine de vouloir frapper, il a volé des clefs et enfermé des agents dans leur bureau… Deux conseillères ont fait une crise de nerfs. »

« Nous sommes au front »


Les forces de police ont dû intervenir pour calmer la situation. « Après leur départ, deux femmes pleuraient encore ». Pourtant personne n'a porté plainte par crainte des représailles.
Résultat des courses pour la déléguée syndicale Béatrice Delizée (FO) : « Aujourd'hui les salariés ont peur d'occuper le poste d'accueil ».
Et pas seulement à Charleville-Mézières. Car insultes et injures sont quotidiennes pour ceux qui doivent faire face les premiers au public. « Nous sommes au front. Nous faisons tampon, buvard et bientôt punshing ball ! »
Pourquoi de tels éclats ont lieu chaque jour ? Pour ces salariés, la fusion « très mal préparée » en est la principale cause.
Très concrètement, les ex-ANPE (car la fusion n'a pas encore vraiment eu lieu dans le langage
quotidien) estiment ne pas avoir eu assez de formation pour pouvoir assurer la partie Assedic : trois jours de stage au lieu d'une année.

Rappel à la loi pour l'agresseur


Ils ne disposent pas non plus toujours du matériel adéquat. « A l'accueil, nous n'avons qu'un ordinateur pour renseigner les gens. Or, les informations ANPE et Assedic sont sur deux logiciels différents. Il faut donc changer selon les demandes et attendre que le collègue ait lui-même terminé. »
D'autres n'ont plus « accès à leur messagerie dans laquelle est stockée leur documentation ».
Le syndicat FO dénonce un manque de moyens, ainsi que la loi du chiffre : « Nous devons voir 70 % des personnes inscrites depuis plus de trois mois ; parallèlement, nous devons faire 40 relations entreprises mensuelles… On ne nous demande plus de la qualité, du cas par cas, mais de la quantité, du collectif »
Les agents s'inquiètent encore de voir une partie de leurs missions désormais sous-traitées, comme l'accompagnement social individualisé la rédaction de CV, par exemple).
Au lieu de simplifier la vie des usagers, ces témoignages laissent plutôt entendre que la fusion a créé la confusion. « À croire que l'on veut supprimer ce service public », commente Béatrice Delizée.
Pour l'heure, bien que personne n'ait porté plainte, l'individu qui a été interpellé vendredi fera l'objet d'un rappel à la loi par le délégué du procureur pour outrage à une personne chargée d'une mission de service
public.

Nathalie DIOT

Jeu 10 déc 2009 16 commentaires
Il faut porter plainte ! surtout ne pas faire l'erreur de ne pas porter plainte ! bien sure je comprend la peur des représailles, mais ne pas porter plainte c'est faire le jeu de l'agresseur. Après tout pourquoi ne pas recommencer s'il ne risque même pas de poursuite judiciaire ?
enfin quelque soit la décision des collègues (pas simple effectivement):
je leur souhaite surtout bon courage, on pense à vous !
canaille - le 10/12/2009 à 12h10
C'est en premier lieu au Directeur de site, et pourquoi pas au DT et au DR, de porter plainte !
La seule plainte déposée ne doit pas être celle de l'agent, car il serait alors isolé.
C'est dans le cadre de son travail qu'il est agressé, c'est à son employeur, Pôle emploi, d'assumer ses responsabilités.
Nino - le 10/12/2009 à 12h37
Bonjour,
Ce qui se passe n'est pas acceptable. Une plainte de l'agent ou du directeur de site doit être déposée (avec domiciliation à l'adresse du site)
Je suis directeur de site et prone la tolérance zéro en la matiere, les conseillers n'ont pas à se faire insulter.
Au moindre écart (porte claquée, élévation de la voix...) on consigne sur le registre de sécurité et un courrier d'avertissement est adressé au D.E. L'ambiance dans le site est préservée (pour l'instant). J'invite les directeurs de sites à agir de la sorte. Courage aux collègues agressés,
inacceptable - le 10/12/2009 à 15h20
Il faut en effet porter plainte de manière systématique... Rappelons quand même que les agents de Pôle-Emploi, de contrat privé ou public, sont investis d'une mission de Service Public. A ce titre, tout comme dans les hopitaux (où on voit fleurir des pancartes indiquant ce qu'encourent les auteurs d'incivilités), les indélicats sont susceptibles d'être lourdement punis. Se taire, c'est cautionner malheureusement...
LeDieuDesNains - le 10/12/2009 à 15h54
je suis conseiller dans les Ardennes. Un département qui souffre énormément des fermetures d'entreprises, la plupart spécialisée dans la métallurgie, en fort déclin . La mentalité ouvrière est une mentalité de battants, de forts-en gueule, de gens qui luttent au quotidien et tentent de résister tant bien que mal face aux ravages.
Cette mentalité n'existe pas à Pôle Emploi. On a abandonné, on ne se bat plus. L'individuel prime sur le collectif, il n'y a qu'à voir le faible taux de gréviste (un des plus bas de France).
Alors oui on reste solidaire en cas de grosse tempête comme cela vient de se passer ici, mais on n'ose plus porter plainte, on se soumet à la loi du demandeur et on entend chuchoter dans les couloirs "pas de vague...", on tendrait même à devoir s'excuser d'avoir un travail....
C'est effarant.
Alf - le 10/12/2009 à 16h11
les faits ont prouvé que l'on fait aussi "punching ball" depuis quelques temps (les collègues hospitalisés ne l'ont certes pas oublié)....
en réunion de service (de sévices dirait alain bashung) aujourd'hui, la question a été soulevée.... la recrudescence d'agressivité et de tensions, le mal-être de certains collègues qui reconnaissent aller à reculon en accueil et qui s'attendent à "se prendre un pain" à chaque fois....
comment procéder pour faire jouer son droit de retrait...et est-il possible de porter plainte contre Popole (pour mise en danger d'un salarié) quand de telles agressions arrivent?
anne2 - le 10/12/2009 à 19h11
je laisse à d'autres mieux renseignés le soin de répondre à ta question anne2.

j'ai juste envie de rajouter que dans mon agence, si un "accueilli" lève un peu trop le ton, c'est la faute de l'agent qui ne sait pas gérer...ça en dit long sur l'ambiance ! et le déni de la hiérarchie !
susan - le 10/12/2009 à 19h22
je cite l'article : Nous devons voir 70 % des personnes inscrites depuis plus de trois mois ; parallèlement, nous devons faire 40 relations entreprises mensuelles… On ne nous demande plus de la qualité, du cas par cas, mais de la quantité, du collectif »

je suis conseillere lamda a l'agence en question et on ne m'a jamais obligée de faire 40 visite mensuelle et 70 % de reception.
on me demande de faire de mon mieux et pas que du quantitatif.
il est vrai que le climat chauffe au niveau demandeur a l'accueil mais en ce qui me concerne pas de pression sur les chiffres.
l'insecurité est la !! mais pas au niveau de la hierarchie... pour le moment nous avons cette chance.
grosse frayeur tout de meme vendredi..
montjoly joly - le 10/12/2009 à 19h33
ce qui veut dire que certains chefs devraient être formés au management !

-leur apprendre à respecter les agents qui font tout le boulot (pendant qu'ils font les planning toute la journée et qu'il ne faut pas les déranger sinon ils s'emmêlent les pinceaux)

-leur apprendre à dire "bonjour" (et oui !)

-à ne pas dire du mal d'un agent dès qu'il a le dos tourné

-à ne plus faire de favoritisme pour les copains/copines

à être "professionnel" quoi, on reçoit bien des "clients"

-en gros, s'impliquer comme les agents ! et ne pas fuir face à leurs responsabilités.
susan - le 10/12/2009 à 20h08
Qui se souvient de l'aggression de notre collègue Rachel à Parthenay en mars dernier ???

http://www.lafusionpourlesnuls.com/50-comments-28885799.html

Rafraîchissons les mémoires ...

"Courage Pôlette, t'es pas toute seule" le slogan de la fusion : c'était bien pour elle, non ?
pas content - le 10/12/2009 à 21h17