Partager l'article ! Violence au Pôle emploi de La Madeleine: La Madeleine : après Nicolas Sarkozy, elle menace une conseillère de Pôl ...
La revue mensuelle de la fusion pour les nuls
La Voix du Nord 6 septembre 2011
Au palais de justice, Anne Druon n'est plus une inconnue.
A 34 ans, ses nombreux exploits hors du commun ont connu un certain retentissement. En pleine campagne électorale, au printemps dernier, cette petite brunette pas plus haute que trois pommes est invitée à s'expliquer devant les juges. Elle a en effet expédié des courriels et des SMS au palais de l'Élysée dans lesquels elle menace carrément de mort l'ex-président Sarkozy.
« Je vais t'appliquer la solution finale », écrit-elle entre autres. Renvoyé à deux reprises, le dossier doit être examiné au fond lundi prochain. Une expertise psychiatrique a été réclamée.
Pour Anne Druon, ce fait d'armes n'est pourtant pas une première. En décembre 2010, à Paris, elle a écopé de douze mois d'emprisonnement, dont six avec sursis, pour s'en être déjà pris au chef de l'État. À six reprises, elle avait posté à la présidence de la République des courriers menaçants contenant une balle de 22 long rifle.
Hier, l'affaire qui la ramène à nouveau au tribunal concerne encore des violences. Mardi matin, la Madeleinoise, qui se trouve sous contrôle judiciaire dans l'attente de son procès, a pratiquement mis à sac l'agence Pôle emploi de sa commune. À 9 h 25, elle entre dans le bureau de sa conseillère, sort un couteau et une bouteille de porto (vide, elle l'a engloutie au petit-déjeuner) et menace l'infortunée employée. Cette dernière parvient heureusement à s'enfuir. Cela ne calme pas Anne Druon, qui se déchaîne. Ordinateurs, bureaux, baie vitrée : tout passe à la moulinette de sa violence. « Les dégâts se chiffrent à 8 600 E », résume l'avocat de Pôle emploi, Me Patrick Dupont-Thieffry. La présidente Djamela Cherfi cherche à comprendre. « Cela ressemble à une action militante ? » La prévenue opine. « Ça fait trois ans que je suis au chômage, je voulais me faire entendre... Et puis, j'avais bu ! » La boisson ? « Ça fait des années que l'alcoolisme lui pourrit la vie », explique Me Charles-André Lefebvre, qui estime que la détention n'est pas la solution. Quelques instants auparavant, la procureure Perrine Debeir avait, en effet, requis un an ferme et un mandat de dépôt. Le tribunal a suivi.
FRÉDÉRICK LECLUYSE