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La revue mensuelle de la fusion pour les nuls
"Coucou les amis de la Fusion, c'est moi le nouveau patron de Pôle emploi !"
Les Echos 16 mai 2012
C'est une des surprises du chef. Beaucoup imaginaient Michel Sapin retourner à Bercy prendre la charge de l'Economie et des Finances, sa spécialité, 20 ans après un premier passage au sein du gouvernement Bérégovoy. A 60 ans, ce normalien titulaire d'un DEA de géographie, passionné de monnaies antiques, découvrira finalement la rue de Grenelle, en qualité de ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social. Au grand dam d'Alain Vidalies et de Claude Bartolone, qui visaient le poste, forts, le premier de son expertise, le second de sa fine connaissance des syndicats.
L'occasion pour ce proche de François Hollande, qu'il cotoie depuis l'ENA dans la célèbre promotion « Voltaire » et avec qui il partage le goût des bons mots, d'ajouter une corde à son arc après avoir été ministre délégué chargé de la Justice sous Edith Cresson (mai 1991-avril 1992) et ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat (mars 2000-mai 2002) sous Lionel Jospin, dont il s'était rapproché après avoir longtemps été rocardien.
Le député de l'Indre et ancien président de la région Centre devra vite s'emparer de dossiers dont il n'est pas un spécialiste. En charge de contrecarrer la hausse continue du chômage, première priorité des Français, dans un contexte de croissance nulle, il aura une partition particulièrement difficile à jouer.
Mais il a pour atout de bien connaître le projet présidentiel, qu'il a piloté directement, et de présenter un profil social-démocrate, teinté d'un certain pragmatisme, à même de séduire les syndicats sans inquiéter outre mesure le patronat. Il a d'ailleurs, durant la campagne, rencontré au nom de François Hollande la plupart des organisations patronales (UIMM, Afep, Medef). Les jalons qu'il a alors posés lui seront précieux pour préparer la grande conférence sociale que prévoit le PS en juillet. « J'ai été choqué, comme les syndicats, par l'absence de dialogue social sur la TVA sociale et les accords compétitivité-emploi. Nous rétablirons un dialogue social de qualité en évitant les oukases. C'est ainsi qu'on avancera », expliquait-il, mi février, aux « Echos » dans un débat avec celui à qui il succédera dès demain, Xavier Bertrand. Il lui faut désormais passer de la parole aux actes.