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Webhelp a un contrat avec Pôle emploi
Webhelp : retour sur la polémique
Webhelp est un opérateur international de centres d'appels. La société emploie 10 000 personnes à travers le monde, dont 3 000 en France, réparties sur neuf sites, dont celui de Fontenay-le-Comte. Le reste des employés est divisé entre la Belgique, la Roumanie, le Maroc et l'Algérie. À Fontenay-le-Comte (95 employés), le centre d'appel honore trois contrats : un pour Appart'city, un pour Pôle Emploi et un pour le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif).
Webhelp bénéficie d'un marché public accordé par le Stif qui s'achèvera le 1er février 2013. Le renouvellement de ce marché a été attribué à un prestataire disposant d'une plate-forme au Maroc. L'affaire a éclaté au moment où Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région Ile-de-France et président du Stif, devait signer la contractualisation de ce marché public et ainsi entériner la décision.
À Fontenay-le-Comte, le marché public du Stif représente « 50 à 55 % du chiffre d'affaires », selon Aurélien Rabette, le directeur du site. Par conséquent, si de nouveaux clients ne sont pas trouvés rapidement, Webhelp n'aurait « pas d'autre choix que de faire un plan de sauvegarde de l'emploi », affirme Frédéric Jousset, co-président de l'entreprise. 80 emplois sont menacés en France : 50 à Fontenay et 30 à Saint-Avold (Moselle). Pour Jean-Paul Huchon, aucune règle n'impose la préférence nationale dans le code des marchés publics. Cette décision fait tâche pour le gouvernement.
Il y a une semaine, Webhelp a déposé un référé précontractuel devant le tribunal administratif de Paris. En clair, la société demande « d'annuler l'ensemble de la procédure pour irrégularités », explique un de ses avocats en charge du dossier, Maître Romain Lauret. Les avocats comptent invoquer la « nécessité d'une proximité géographique et culturelle », qui serait imposée par le cahier des charges du marché public. Chaque partie va maintenant faire valoir ses arguments devant le juge. Vue l'urgence de la situation, une audience est prévue le 14 août. Contacté par téléphone, l'avocat du Stif n'a pas donné suite à nos sollicitations.
Le juge administratif devrait rendre sa décision avant le 20 août. Il peut rejeter la requête de Webhelp et conforter ainsi la décision du Stif. Il peut également annuler la procédure de marché public, ce qui imposerait la mise en place d'un nouvel appel d'offres. En s'appuyant sur le code des marchés publics, Jean-Paul Huchon peut à tout moment annuler la décision pour « motif d'intérêt général ». En attendant la fin de la procédure de référé, il ne peut pas signer le marché public.