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La revue mensuelle de la fusion pour les nuls
"Un demandeur d'emploi, ce n'est pas qu'un numéro"
Le plasticien a installé un atelier mobile devant une antenne de Pôle emploi
20minutes Marseille 21 mai 2012
Il cite volontiers Karl Marx. Et transforme les chômeurs en « monuments ». Originaire de la région parisienne, le plasticien Mohamed Bourouissa, 34 ans, a débarqué à Marseille il y a un an avec une idée en tête : monter un projet sur la « question du travail ». Jusqu'au jour où un de ses « potes » lui a dit : « Mais tu sais ici, on parle surtout du chômage. »
Webcam, laser et logiciel
Il a donc transformé un camion en chambre noire, et grâce à une webcam, un laser et un logiciel, il s'est mis à scanner des demandeurs
d'emploi. L'opération en 3D dessine un moule qui devient, au final, une statuette en résine, un peu grossière.
« L'idée, c'est de donner une matérialité aux chômeurs, explique-t-il. De leur assurer une représentation physique. Un demandeur d'emploi, ce n'est pas qu'un
numéro, c'est aussi un corps. » Il a installé son « atelier » mobile devant l'antenne de Pôle emploi à la Joliette (4e). Une centaine de chômeurs se sont déjà prêtés au jeu. Il aimerait en faire
un millier : « Parce qu'un jour, j'ai lu un article qui disait qu'il y avait 1 000 chômeurs de plus par mois depuis le début de la crise. »
L'une de ses « modèles » descend du camion. La jeune femme lui suggère de remplacer la résine par de la cire : « Pour brûler la statue quand on a retrouvé un
emploi. »
Mohamed Bourouissa veut organiser une exposition de son travail l'année prochaine. Une date devrait bientôt être confirmée pour le mois de janvier prochain à la
Friche de la Belle de Mai (3e). En attendant, il vend ses « monuments » 2 € pièce, au marché aux puces des Arnavaux (15e). Pas pour se faire de l'argent mais « pour replacer l'art dans une
certaine réalité, une dynamique économique ».
– Au Village Pôle Emploi de Portmeirion
- Qu’est ce que vous voulez ?
- Vous avez des droits, mais aussi des obligations.
- Dans quel camp êtes-vous ?
- Vous le saurez en temps utile... Vous avez des obligations, des obligations, des obligations.
- Vous ne m'aurez pas !
- De gré ou de force, vous plierez.
- Qui êtes-vous ?
- Je représente le DG, le nouveau Numéro Deux.
- Qui est le Numéro Un ?
- Vous êtes le Numéro 3666666.
- Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre...
Cette notion: le ressenti du demandeur d'emploi sur sa propre identité sociale est très importante pour le maintien (ou non) de la paix sociale dans notre pays quand on voit ce qui se passe en Grèce, au Canada ou en Espagne.
Analogiquement, si l'on se réfère au point de vue anthropologique de Pierre Clastres, le demandeur d'emploi doit chasser avec un arc qui n'est pas le sien. Or sans arc ou sans panier, c'est à dire sans rôle précis, on n'EXISTE purement et simplement pas socialement.
Pour ceux qui ont encore quelques cordes à leur arc, (= quelques allocations à leur porte monnaie) on leur dit et on leur répète DEPUIS LA FUSION ET PRINCIPALEMENT DEPUIS CELLE CI que ce n'est pas LEUR argent, que c'est des fonds publics émanant de "vrais travailleurs" qu'on a l'extrême gentillesse de leur rétrocéder si, et seulement si, ils se plient bien gentillement à notre ubuesque gestion statistique (en oubliant le fait qu'ils ont cotisé 2.4% à une ASSURANCE chômage solidaire et obligatoire)
A mon avis, il devient socialement très urgent de différencier "la main qui aide" de "la main qui donne" (n'oublions pas que "donne" = "REMBOURSE" dans le cadre d'une cotisation d'assurance), ce qui ne nécessite pas forcément une "défusion" mais pour le moins de conserver une définition des rôles historiques (indemnisation/placement) bien différenciée et sans ambiguité pour notre public.
Cela s'appelle ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier (percé)
A la différence du panier UNEDIC certes maintes fois raccommodé mais qui ne peut par définition se permettre d'être durablement percé.
Et ça marche bien. Par exemple lorsque la chambre sociale de la cour de cassation requalifier l'EMTPR d'une salariée en CDI, le placeur Pôle est tout à fait épargné par cette décision, et on ne sait même pas si l'entreprise devra rembourser ce qu'elle a perçu pour disposer d'un chômeur gratis....
Certains, comme Paul Jorion, prétendent que cette machine s'est cassée et s'est emballée depuis la crise des subprimes en 2007 qui sonna la fin concrète du mythe de l'autorégulation (la main invisible) de cette religion nommée "économie", dont la financiarisation SEMBLE aujourd'hui hors de contrôle de tout geste politique, et qui plus est hors de contrôle de la sphère financière elle même (fluctuations boursières non maitrisées, actifs toxiques invendables, Etats pompiers insolvables creusant leurs dettes pour éponger les banques...)
En conséquence, l'avènement d'un nouveau paradigme social serait, à relativement court terme, inévitable pour éviter l'effondrement total du système économique et social.
Ce n'est pas une décision de la cour de cassation, fut elle favorable, qui permettra à un futur nouveau Roosevelt (Hollande? Obama? les deux? d'autres? tous?) de remplir enfin un rôle politique en la matière, mais l'aval d'une majorité de citoyens en capacité de résister pour leur liberté (je préfère le mot "résister" au célèbre mais ambigü "s'indigner")
Lisez les (bons) journaux, pages internationales: ça commence à bouger.
Il faut continuer à croire à l'action politique de type démocratique.
Pour preuve, le texte suivant qui a été prononcé en 2008 à Toulon par... Nicolas Sarkozy. Surprenant non? Sans doute écrit par ce même conseiller qui crachat dans la soupe simili-frontiste ex-sarkoziste (donc désormais la soupe à Copé !) dès le lendemain des élections.
Extrait:
"Une certaine idée de la mondialisation s'achève avec la fin d'un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir.
L'idée de la toute puissance du marché qui ne devait être contrariée par aucune règle, par aucune intervention politique, était une idée folle. L'idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle.
Pendant plusieurs décennies on a créé les conditions dans lesquelles l'industrie se trouvait soumise à la logique de la rentabilité financière à court terme. On a caché les risques toujours plus grands qu'on était obligé de prendre pour obtenir des rendements de plus en plus exorbitants. On a mis en place des systèmes de rémunération qui poussaient les opérateurs à prendre de plus en plus de risques inconsidérés. On a fait semblant de croire qu'en mutualisant les risques on les faisait disparaître. On a laissé les banques spéculer sur les marchés au lieu de faire leur métier qui est de mobiliser l'épargne au profit du développement économique et d'analyser le risque du crédit. On a financé le spéculateur plutôt que l'entrepreneur. On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs. On a obligé les entreprises, les banques, les compagnies d'assurance à inscrire leurs actifs dans leurs comptes aux prix du marché qui montent et qui descendent au gré de la spéculation. On a soumis les banques à des règles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent à aggraver la situation au lieu d'amortir le choc.
C'était une folie dont le prix se paie aujourd'hui !
Ce système où celui qui est responsable d'un désastre peut partir avec un parachute doré, où un trader peut faire perdre cinq milliards d'Euro à sa banque sans que personne s'en aperçoive, où l'on exige des entreprises des rendements trois ou quatre fois plus élevés que la croissance de l'économie réelle, ce système a creusé les inégalités, il a démoralisé les classes moyennes et alimenté la spéculation sur les marchés de l'immobilier, des matières premières et des produits agricoles.
Mais ce système, il faut le dire parce que c'est la vérité, ce n'est pas l'économie de marché, ce n'est pas le capitalisme.
L'économie de marché c'est le marché régulé, le marché mis au service du développement, au service de la société, au service de tous. Ce n'est pas la loi de la jungle, ce n'est pas des profits exorbitants pour quelques-uns et des sacrifices pour tous les autres. L'économie de marché c'est la concurrence qui réduit les prix, qui élimine les rentes et qui profite à tous les consommateurs."
On voit bien que la volonté politique de changement existe, même à droite. En revanche, sans la résistance et la prise de conscience du peuple, les discours ne resteront que des discours !
à la Pentecôte ?
La vie me gâte..
Le respect premier que chacun se doit d'avoir envers l'autre (quel qu'il soit chômeur ou préfet) pour que les échanges qui vont avoir lieu ne soient pas "pollués" par les sentiments de mépris ou de condescendance,
ce respect là est tellement vital dans notre métier de placement.
Il n'y a quasiment jamais aucune agressivité en entretien quand la personne qu'on reçoit sent qu'on la respecte avant tout comme un être humain.
On devrait tous avoir régulièrement des échanges là dessus, car combien je vois de collègues, qui, en entretien, monte sur leur petite estrade "intérieure" et se font du coup engueuler par les personnes qu'elles reçoivent. Elles ne comprennent pas et pourtant...
Faire des jolies (pour ce que j'en ai vu) statuettes en résine me parait bien anodin à coté de tout le reste.
L'artiste a considéré que la personne au chômage est un sujet d'expression artistique comme un autre. On est tous des sujets potentiels d'expression artistique, tant mieux d'ailleurs. et à 2 euros la statuette, il gagne moins qu'un treizième mois....(dsl j'ai pas pu m’empêcher...).