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Menaces de suppressions de
postes à l'APEC
Placement des cadres : l'Apec cherche plus de 10 millions
Les Echos 3 août 2010
L'ambiance n'est pas à la fête à l'Association pour l'emploi des cadres, créée en 1966 par le patronat et les syndicats pour accompagner les cadres dans leur carrière. L'inquiétude domine, après l'annonce du résultat de l'appel d'offres de Pôle emploi sur le reclassement des cadres au chômage. Le 22 juillet, c'est dans une ambiance tendue que s'est déroulé le comité d'entreprise. Les 22 % de part de marché obtenus ne permettront d'occuper que 50 salariés en équivalent temps plein sur les quelque 180 affectés à cette activité auparavant dans le cadre d'un contrat de cotraitance avec Pôle emploi, qui en assurait l'exclusivité avec l'Apec. La direction de l'Apec l'a confirmé aux représentants des quelque 900 salariés.
Le manque à gagner va représenter entre 12 et 15 millions d'euros. Il va s'y ajouter, à partir du 1 er janvier 2011, une diminution des recettes de cotisations à l'Apec de l'ordre de 3 à 4 millions d'euros. Cela fait un total de 15 à 19 millions d'euros de moins sur un budget annuel de 130 millions d'euros (dont 92 millions d'euros de cotisations). En outre, l'Apec aura désormais l'obligation de justifier l'usage de chaque euro de ces cotisations dans le cadre de sa mission de service public d'aide aux cadres en poste.
Un plan d'économies internes d'un montant de 4 millions d'euros a été décidé par le bureau de l'Apec, le 15 juillet. Il reste donc 10 à 15 millions d'euros à trouver pour équilibrer le budget en 2011.
L'Apec dispose d'une marge de manoeuvre temporaire grâce à ses 100 millions d'euros de réserves. Mais ils sont largement entamés, permettant au passage d'occuper quelque temps une partie des consultants en mobilité évincés du marché des chômeurs : 3 millions d'euros vont être consacrés au développement d'un service d'entretien de mi-carrière et 50 millions d'euros vont être utilisés dans le plan rebond pour les chômeurs en fin de droits, dont 7 millions en prestations Apec.
Cela ne règle pas tout. Et surtout, tout le monde est conscient que tout cela ne pourra pas durer éternellement : il va bien falloir trancher sur l'avenir de l'association paritaire, et en particulier décider si elle s'investit plus sur le marché concurrentiel et sur quels segments. Un sujet qui relève des partenaires sociaux et pourrait être inscrit au programme de la négociation sur le paritarisme, à l'automne.