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La revue mensuelle de la fusion pour les nuls
Pôle emploi : l'Etat reste ferme malgré le
succès de la grève contre les conditions de travail
Les Echos 21/10/09
Plus d'un agent sur trois a suivi, hier, l'appel à la grève de l'intersyndicale
pour protester contre les conditions de travail. Le gouvernement se veut « vigilant » mais exclut de lever le pied sur la finalisation de la fusion ANPE-Assedic.
La tension continue de monter au Pôle emploi. Hier, l'appel à la grève lancé par les syndicats pour protester contre les conditions de travail a été suivi par 34,5 % (selon la direction) à
40 % (syndicats) des 46.000 agents. Un total considérable, qui constitue un record depuis la fusion, en janvier, de l'ANPE et des Assedic. Ce succès témoigne selon les syndicats du «
malaise social très fort » (SNU-FSU) engendré par la réorganisation à « marche forcée » du service public de l'emploi. Il embarrasse le gouvernement, forcé de constater que
les mesures sur lesquelles il misait, comme l'embauche de 3.000 agents cet été (dont 1.800 en CDI), n'ont pas endigué la montée des colères. Pas plus que le ralentissement du flux de nouveaux
chômeurs ces derniers mois. Au contraire, les syndicats, et le Parti socialiste agitent à présent le spectre d'un « scénario de type France Télécom » (CFDT). SUD souligne « la
dégradation de la santé physique et mentale du personnel » et la CGT « l'accumulation des problèmes au niveau personnel ». Depuis janvier, au moins un suicide d'agent et cinq
tentatives ont été constatés.
« Pas inquiet mais vigilant », Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi, a rappelé, hier sur France Inter, les mesures déjà prises (ligne d'écoute, formation des managers, réseau d'assistantes sociales) et indiqué avoir réclamé au directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy, des « initiatives tout de suite », sans donner plus de précisions. Tout juste a-t-il rappelé l'envoi en novembre d'un « questionnaire » sur les conditions de travail à tous les agents. A ce stade, il exclut toute pause dans la mise en place des sites mixtes et des conseillers uniques, comme le réclament les syndicats. Il « ne cherche pas à nier »les difficultés actuellesmais argue qu'elles « sont liées à la crise » et qu'« il ne faut pas s'arrêter au milieu du gué » de la fusion.
La direction manie elle aussi souplesse dans la forme et fermeté sur le fond. Depuis plusieurs semaines, Christian Charpy se veut « à l'écoute » et « conscient de la surcharge de travail »avec la flambée du chômage. Mais il se contente de promettre d'aborder la question des risques psychosociaux dans le séminaire qui réunira 1.500 managers de Pôle emploi à Paris le 17 novembre. Le sujet pourrait toutefois finir par atterrir sur la table des négociations. Dans le cadre du plan d'urgence sur le stress présenté le 9 octobre, le ministre du Travail, Xavier Darcos, a bien précisé que l'obligation de négocier dans les grandes entreprises un accord d'ici à février s'applique aussi aux établissements publics comme Pôle emploi.