Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Calendrier

Février 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
             
<< < > >>

Profil

  • : La fusion assedic-anpe pour les nuls
  • Pôle emploi et la fusion anpe assedic pour les nuls
  • : Association
Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /2009 18:13

Pôle emploi, une fusion explosive

Par Marie Huret, publié dans L'express le 27/06/2009

Personnel débordé, chômeurs énervés, patron contesté : le  mariage de l'ANPE et des Assedic ne se fait pas au bon moment. Ni dans les meilleures conditions. Reportage.

Le rideau métallique s'est à peine levé que s'engouffre une file d'attente à l'intérieur du hall. 9 heures, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). "On s'occupe de vous ?" s'enquiert l'agent du guichet auprès d'un quinqua cravaté. D'un père en bermuda rivé à sa poussette. On se croirait aux urgences d'un hôpital : près de 300 chômeurs défilent, en une journée, dans ce Pôle emploi de la banlieue parisienne. De fringants murs mauves camouflent la détresse sociale. Cela n'étanche pas la rogne d'Hassan, 38 ans, qui s'est trouvé une formation de boulanger. Six mois qu'il attend le feu vert de Pôle bemploi . "Les agents sont débordés, lâche-t-il. La fusion, ça complique tout !"

 

Pour juguler le flot des naufragés de la crise, les conseillers dirigent les impétrants vers Internet ou le 3949, l'étape téléphonique obligée avant le premier rendez-vous. Des postes sont mis à la disposition du public. A haute voix et un peu gênée, Mala, 42 ans, drapée d'un sari, articule le mot "ins-crip-tion". Elle raccroche. "Trop de monde sur la ligne, dit-elle, on me rappellera." Son entretien ? Mala ne l'aura pas avant trois semaines. Pas de chance. "94 % des nouveaux inscrits sont reçus dans les cinq jours suivant leur prise de contact", martèle Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi, l'organisme né de la fusion ANPE-Assedic.


Après avoir dirigé l'ANPE de 2005 à 2008, celui qui, depuis six mois, pilote ce paquebot en pleine tourmente joue gros. Ses troupes sont fatiguées, son mode de management critiqué. Le 10 juin, Alain Lecanu, le représentant de la CFE-CGC au conseil d'administration de Pôle emploi, a ouvert les hostilités dans Les Echos : "Il est grand temps de donner un second souffle à la fusion et de changer de directeur général", a-t-il grondé, accusant Charpy de "fonctionner en cercle fermé" et de "prendre ses ordres directement auprès du gouvernement". En interne, cette salve a affranchi d'autres administrateurs, qui reprochent à cet énarque de 49 ans son incapacité à déléguer. "Il veut tout chapeauter, tout regarder, témoigne l'un d'eux. Il se croit encore à l'ANPE !"

"Tout a été fait sans débat, à l'emporte-pièce"

Au moment où la France traverse une crise économique d'une exceptionnelle gravité, Charpy doit composer entre un gouvernement pressé et des syndicats sur le qui-vive. "L'Elysée met la pression sur Wauquiez [NDLR : le secrétaire d'Etat à l'Emploi], qui met la pression sur Charpy. Tout le monde se met la pression !, résume un membre du conseil d'administration. Résultat, c'est panique à bord !"

Insuffisamment préparée, surtout pensée pour les périodes de prospérité, la fusion promise pendant sa campagne par Nicolas Sarkozy vire au cauchemar. Au départ, le guichet unique était censé faciliter la vie des chômeurs, sur le modèle du Job Center en Grande-Bretagne. En vitesse de croisière, il était prévu que, d'ici à l'été, le même conseiller s'occupe à la fois de l'indemnisation (mission des Assedic) et du placement (mission de l'ANPE). Mais, assaillis par la crise, les agents des sites mixtes n'ont pas pu se former à leur nouveau métier. Au siège et dans les régions, beaucoup dénoncent une réforme menée à la hussarde : "Tout a été fait sans débat, à l'emporte-pièce, estime Françoise Kermorgant (FO-ex-Assedic). Comme si on fusionnait, sans rien anticiper, les métiers de médecin et de pharmacien, au nom de la santé du malade."

La nomination de Charpy, lui-même issu de l'ANPE, n'a pas contribué à calmer les esprits. Les ex-Assedic l'accusent de partialité, se sentent "bouffés tout crus", et comptent les points : sur les 26 directeurs régionaux, plus de la moitié vient de l'ANPE. Pas de quoi accélérer la greffe entre deux cultures, publique (ANPE) et privée (Unedic), génétiquement aux antipodes. Quelques jours après la fronde de Lecanu, Charpy a reçu ses directeurs régionaux dans les locaux provisoires de la rue Blanche, à Paris. "A peine avait-il prononcé trois mots qu'ils l'ont applaudi pour lui témoigner leur soutien", raconte un proche. Seule une poignée est restée assise : des ex-Assedic. "Ce n'est pas évident de trouver des points d'équilibre, reconnaît Dominique-Jean Chertier, le président de Pôle emploi. Il ne s'agit plus de l'ANPE, ni des Assedic : à nous d'inventer autre chose."

Pour l'instant, les 19 membres du conseil d'administration, réunis une fois par mois, passent plus de temps à ingurgiter des notes de conjoncture. Afin d'insuffler l'esprit d'équipe, Jean-Baptiste de Foucauld, qui siège comme personnalité qualifiée, a suggéré de partir en week-end au vert. En séminaire. Sans succès. "Il faut créer de la confiance mutuelle, confie-t-il. Sinon on reste dans la juxtaposition, chacun sur son territoire."

Le rythme imposé par Sarkozy n'arrange rien. Le 31 mars, à Châtellerault (Vienne), le président annonçait 1 840 embauches supplémentaires sans que le conseil en ait été informé. "On rentre dans une forme d'opacité de gestion qui sème le doute, souligne Annie Thomas, de la CFDT. Les décisions sont prises en petit comité." Déjà, en octobre 2008, les partenaires sociaux s'étaient sentis floués. A l'heure précise où Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, et Laurent Wauquiez dévoilaient le nom de Pôle emploi, les membres du conseil cogitaient sur son appellation. "Ce jour-là, nous avons compris que les décisions se jouaient à l'Elysée et que nous ne servions que de simple chambre d'enregistrement", regrette Maurad Rabhi, de la CGT.


"J'ai plus qu'à tout brûler. Vous servez à rien !"


D'ailleurs, l'interlocuteur privilégié de Charpy, au sein du conseil, se nomme Bertrand Martinot. "On voit qu'il le bichonne", souffle un administrateur. Parce que Martinot, ancien conseiller technique à l'Elysée, est resté en contact avec Raymond Soubie, le conseiller social du président de la République ?



Si le patron de Pôle emploi traite en direct avec le sommet, il lui arrive régulièrement de prendre son petit déjeuner avec Laurent Wauquiez. Lequel fonctionne beaucoup aux SMS. Parfois, leur relation vire à l'orage. Invité d'Europe 1, le 14 mai, Wauquiez tacle Charpy en attribuant une note très moyenne à Pôle emploi, 11 sur 20. Cinq mois plus tôt, lorsque Le Canard enchaîné avait épinglé son salaire, "Charpy avait soupçonné Wauquiez d'être à l'origine de la fuite", confie un connaisseur de la maison. Mais, le 10 juin, le secrétaire d'Etat à l'Emploi lui réitère son soutien devant l'Assemblée nationale.

Sur le terrain, ces deux VRP de la fusion multiplient les visites. Deux à trois par mois pour Charpy. La pilule passe mal chez les agents, débordés. En Franche-Comté, leur portefeuille grimpe à 121 dossiers ; dans le Nord-Pas-de-Calais, à 111, quand l'objectif visait les 60. En Ille-et-Vilaine, Jean-Jacques, agent ex-ANPE, a vu le sien tripler en six mois. "Nous n'arrivons plus à faire face, prévient-il. Quand j'ai trois offres en secrétariat à Saint-Malo, je propose les mêmes à tous, la fusion n'y est pour rien, mais rajoute des difficultés." A cause des nouvelles règles, les formations des chômeurs accumulent les retards : il faut trois mois pour valider le financement d'une formation. "Tant qu'il n'y a pas une circulaire de Charpy, on est bloqué", relève une syndicaliste. Du côté des chômeurs, l'agressivité se banalise. A l'agence de Saint-Malo, l'un d'eux s'est énervé : "J'ai plus qu'à tout brûler, vous servez à rien !"

Depuis le siège parisien, la direction continue les ajustements. Elle prépare son déménagement définitif porte des Lilas, dans l'Est parisien. Clarifie son organigramme : le DRH transitoire, Moïse Rashid, chargé de négocier avec les huit syndicats, vient d'être confirmé à son poste. Surtout, le nouveau service public de l'emploi s'apprête à affronter l'afflux des bénéficiaires du RSA et de 600 000 jeunes propulsés sur le marché du travail à la rentrée. Le vrai test pour Pôle emploi

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Pôle Emploi est victime de "critiques excessives"

Par Marie Huret, publié le 27/06/2009  


Son directeur général, Christian Charpy, répond aux critiques sur la fusion ANPE-Assedic et sur son propre management.


Pôle emploi semble dépassé par l'explosion du chômage : fallait-il différer la fusion ?


La fusion a été décidée, il faut la mettre en oeuvre. La crise impacte notre cahier des charges, que l'on ajuste au fur et à mesure. C'est une mobilisation de tous nos collaborateurs. Pour remédier aux difficultés du 39-49, nous avons recruté 500 agents, répartis dès le mois d'août sur des plates-formes téléphoniques régionales. Notre priorité, c'est qu'il n'y ait aucun retard d'indemnisation.


On reproche au gouvernement une réforme au forceps. Qu'en pensez-vous ?


Certaines critiques me paraissent d'une sévérité excessive. J'entends que le personnel est au bord du suicide : on leur en demande beaucoup, mais si la situation était si dramatique, nous aurions enregistré, le 18 juin, plus de 13,9 % de grévistes. Le discours du "c'était mieux avant" me semble hors de propos. Souvenez-vous, en 1993, les chômeurs formaient des files interminables dans les agences !


Votre mode de management est aussi critiqué...


Toutes les décisions importantes sont prises en conseil d'administration. Nous discutons, chacun s'exprime et vote. Ensuite, il faut avancer en tenant compte de la réalité du terrain. Tout cela contribue à faire émerger une nouvelle culture de management à laquelle chacun participe

Par La fusion assedic-anpe pour les nuls
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

je cite bidule: "mais si la situation était si dramatique, nous aurions enregistré, le 18 juin, plus de 13,9 % de grévistes": qd on vous répète que la dg ne comprend que le rapport de force...et y'en a encore qui racontent que la grève ne sert à rien...bordel ouvrez les yeux!!! à contrario si on avait été 60% il aurait revu ses délires à la baisse!!! et voilà comment on se fait entuber depuis des années...(pr moi 9ans ça commence à faire bcp...arf...)
je souhaite à ts les non-grévistes un sale été...
Commentaire n°1 posté par tabernacle le 29/06/2009 à 20h08
je propose les plumes et le goudron....
Commentaire n°2 posté par Cocoroco le 29/06/2009 à 23h28
et pendant ce temps là!!!!
Commentaire n°3 posté par fatalis le 29/06/2009 à 23h36
Charpy: "j'entends que le personnel est au bord du suicide".
Objection, votre horreur: certains ont déjà malheureusement franchi le pas !
Commentaire n°4 posté par Nino le 30/06/2009 à 12h00
La grève ? En hauts lieux ils savent très bien que plus persone ne peut faire de grève illimitée. Mais poser le stylo et refuser d'ouvrir les portes OUI Ils en ont peur. Certains sites l'ont fait.
Commentaire n°5 posté par Isa le 30/06/2009 à 15h03
Ah oui ? où ?
Commentaire n°6 posté par ehfusion le 30/06/2009 à 15h58
Alors comme ça je vais passer un mauvais été ! trop dur ! quoique n'ayant pas pris de vacances à cette période je m'en doutais une peu........
Il semble que tabernacle oubli que le droit de greve c'est la possibilité ou non de la faire (oui ja sais ça choque !!!!)
Perso je suis seule et je n'ai pas les moyens de faire greve (cf l'assistante sociale et le pret 0% qu'elle m'a attribué en + de mon secours exceptionnel.....)
Je commence à en avoir ras le cul (j'ai pas trouvé moins poli desolé) de ce genre de discours : qd c'est positif c'est forcément grace aux merveilleux syndicats ; qd c'est negatif c'est forcément à cause des misérables non greviste !!!! arretons ses conneries !!!!!!
Un secretaire de la fo (hors pole emploi) a dis lors de la greve nationale non suivi de samedi dernier (ou y'a 15jrs je ne sais plus) au vu de la faible participation : "il est temps que les syndicats travaillent sur d'autres moyens d'actions, les salariés n'ont plus les moyens de suivre les différents mouvements"
Différents : c'est le mot exact !!!!!!! entre les greves nationales, les greves spe pole emploi avec les syndicats unitaires, d'autres ou seulement 2 a 3 syndicats, les revendications diverses et variees.....on ne sait meme plus ou donner de la tete !!!!!
Faite une greve ou tt les syndicats seront unitaires avec des raisons claires et là peut etre que eventuellement.....mais les greves "fourre tout" ras le bol !!!!!!
Parce que Tous en greve contre la fusion c'est deja un peu depassé !!!!!!!
Commentaire n°7 posté par non greviste le 30/06/2009 à 16h25
oui voila c est dépassé on a pleuré 5 minutes, on peut reprendre notre poste au 3949 et faire comme si de rien n'était. Le pb de 85% des conseillers c est qu'ils ont la mémoire courte.... ils pignent 5 minutes a la kfet et hop, c est oublié... vous pouvez reprendre une activité normale.
Commentaire n°8 posté par Alain Bashung le 30/06/2009 à 19h03
je ne dis pas de faire comme si de rien n'etait mais au risque de surprendre une nouvelle fois (que les + cardiaques ne lisent pas ce qui va suivre) : la fusion est signée depuis qques mois maintenant !!!!!
C'est l'organisation, ou la desorganisation, qui est scandaleuse....
Alors oui etre contre la fusion me parait peu credible : par contre mettons sur le tapis les dysfonctionnements !
Et en ce qui me concerne le 3949 c un truc parmi des dizaines d'autres !!!!! entre parenthese le 3949 etait couteux avant la fusion : ca choque que maintenant ? y'a rien d'autre qui choque ?
Commentaire n°9 posté par non greviste le 30/06/2009 à 20h32
peu tetre mé photes dortaugrafes ????
Commentaire n°10 posté par non greviste le 30/06/2009 à 20h33
et pendant ce temps là......
Commentaire n°11 posté par fatalis le 01/07/2009 à 00h36
le canard était toujours vivant...
Commentaire n°12 posté par baloo le 01/07/2009 à 11h47
bien vu n°12, il est temps.... ET PENDANT CE TEMPS LA......
Commentaire n°13 posté par fatalis le 01/07/2009 à 22h28
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés