
"LA FUSION POUR LES NULS"
La CFDT signe la nouvelle convention d'assurance chômage
Contrairement à la CGT et à FO, la CFDT a décidé de signer la nouvelle convention d'assurance-chômage, ouvrant la voie à l'entrée en vigueur de nouvelles règles d'indemnisation des chômeurs pour deux ans.
Le texte prévoit d'indemniser plus de chômeurs et de baisser les cotisations salariales et patronales en cas d'excédent de l'assurance-chômage, bénéficiaire depuis trois ans.
Pour être validée, la convention doit désormais recevoir la signature, plus que probable, d'au moins une des organisations patronales qui l'ont rédigée, puis l'agrément de l'Etat.
"L'accord sur l'assurance-chômage renforce les sécurités contre une aggravation de la précarité. Il constitue une avancée importante des droits pour les salariés et demandeurs
d'emploi", écrit la CFDT dans un communiqué.
Le syndicat interpelle la CFTC et la CFE-CGC, qui diront respectivement lundi et le 20 janvier si elles signent ou non la convention, en expliquant qu'"une seule signature fragiliserait la force de l'accord".
Le texte prévoit de raccourcir de six à quatre mois la durée de travail nécessaire pour que les chômeurs soient indemnisés.
La période sur laquelle il leur faudra avoir travaillé serait de 28 mois pour les moins de 50 ans et 36 mois pour les plus de 50 ans, contre 20 à 36 mois actuellement selon les cas.
L'Unedic, l'organisme qui gère l'assurance-chômage, estime que ces règles permettraient d'indemniser 100.000 chômeurs supplémentaires. La CFDT envisage le double ou le triple.
BAISSE DES COTISATIONS
La durée maximale d'indemnisation serait de 24 mois, à raison d'un jour travaillé un jour indemnisé, contre 23 mois aujourd'hui, sauf pour les plus de 50 ans où elle resterait de 36 mois.
L'indemnisation serait maintenue à 57,4% du dernier salaire.
"Si on considère que cet accord apporte des droits nouveaux, plus on tardera moins les chômeurs en bénéficieront, et si on considère qu'il est mauvais, il faut s'opposer mais il ne faut pas être dans le 'ni oui ni non'", a dit à Reuters Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT.
CGT et FO ont expliqué leur refus de signer par un déséquilibre du texte en faveur des employeurs, alors même que la hausse du chômage a atteint 8,5% sur un an en novembre.
Les deux syndicats dénoncent en particulier la baisse prévue des cotisations quand l'assurance-chômage est excédentaire. L'excédent est attendu à 4,5 milliards d'euros en 2008.
Selon la nouvelle convention, les cotisations patronales et salariales pourraient ainsi baisser, à partir du 1er juillet 2009, à chaque fois que le résultat d'exploitation semestriel de l'assurance-chômage dépasserait 500 millions d'euros, dans une limite globale de 0,5 point par an.
L'assurance-chômage est excédentaire depuis 2006 mais sa dette cumulée est d'environ 5 milliards d'euros.
La présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est réjouie de la décision de la CFDT et a souhaité d'autres signatures.
"C'est un accord de solidarité et de responsabilité dans la situation d'aujourd'hui", a-t-elle dit à la presse après une rencontre avec le Premier ministre, François Fillon.
"Tous les mécanismes prévus dans cet accord sont vraiment 'gagnant-gagnant'. J'espère que d'autres syndicats le verront ainsi", a ajouté la dirigeante patronale.