Partager l'article ! 1er mai: Noèle et Paco vont à la manif.: Vrai travail de détournement La polémique sur le "vrai travail ...
La revue mensuelle de la fusion pour les nuls
Vrai travail de détournement
La polémique sur le "vrai travail" est l'occasion de réfléchir sur le détournement de la fête des travailleurs au profit d'ambitions politiciennes aux relents pétainistes.
L'affiche qui tourne sur internet (image ci-dessus à gauche) est accessoirement l'occasion de réfléchir sur le détournement d'images à partir de documents originaux (image de droite).
Pour exercer votre regard critique, la Fusion pour les Nuls vous propose cinq images dont il s'agit de deviner s'il s'agit de photos réelles ou détournées:
Photo bientôt "collector"
On le sait, en fait le Premier mai a pour origine le massacre par la police d'ouvriers en grève à Haymarket, le 3 mai 1886 aux Etats-unis. Le Premier mai de cette année là avait été choisi pour imposer DE FAIT aux patrons, l'exigence d'une réduction du temps de travail, la limitation à 8 h de travail par jour.
Nous sommes donc là à l'exact opposé d'un Vichyssois de Neuilly qui déclarait il y a peu, après s'être fait virer des rue de Bayonne : "Il n'y a pas de lutte de classes dans la République" (sic).
La morale du travail, c'est pour les autres ; la prétendue unité nationale, par exemple autour d'une imaginaire république sans lutte de classes, ça ne sert qu'à occulter des contradictions, bien réelles, et à essayer de les réduire.
Mais il existe bien une unité nationale, c'est celle qui réunit les partis et les syndicats autour de (variantes de) l'idéologie du travail.
Je retiens surtout dans l'affiche pétainiste, le "Je tiens même les promesses des autres". N.S a joué à ça depuis le début. Partant du constat que la gauche (de droite) a depuis les années 80 au moins oublié et méprisé la classe ouvrière, les catégories populaires, il a, tout comme le F.N, cherché à récupérer les attentes et les besoins de ces couches sociales en pipotant sur la dignité du travail et celle que l'on allait enfin rendre au travailleur (en réalité managé, contrôle et pressuré à mort).
Personne n'avait relevé qu'en 2007, lorsqu'il déclarait "le travail c'est la liberté, le plein emploi est possible", non seulement il reprenait le dangereux consensus qui idéalise l'emploi dans un total déni du réel de l'exploitation, de la dépossession, de la précarité, et promet le retour d'un plein emploi mort depuis déjà longtemps d'un accident de travail, mais N.S se permettait aussi une libre traduction reprenant, un peu camouflé, le slogan 'arbeit macht frei' (déjà un renversement, nazi à l'époque, du discours d'émancipation des ouvriers : nous produisons les richesses, nous voulons la fin de l'exploitation et nous organisons pour cela, la liberté de décider du sort de la société qui est le privilège des dominants nous revient donc de droit et sera celle de tous).
La prégnance de l'idéologie dominante repose sur de multiples acteurs ; la gauche de droite n'est pas en reste en matière d'idéologie du travail. Par exemple, c'est Pierre Mauroy qui dès 1982, avant le blocage de salaires de 1983, dénonçait les "faux chômeurs" tout en réduisant le droit à indemnisation... ; Avant de chuter, Lionel Jospin avait lui fait la courte échelle et appuyé par avance l'apologie sarkozyste du travail. Lorsqu'il était premier ministre, en 1998, il avait répondu à la mobilisation des chômeurs et précaires par un ignoble " Je préfère une société de travail à l'assistance" (tout en instaurant diverses mesures d'assistance aux riches sous formes d'exonérations de charges, de privatisation, etc.).
On peut dire, pour aller vite, que la gauche est supposée s'appuyer ce que les vivants/parlants ont de plus "élevé" (la joie, la coopération, l'entraide), de plus riche, de plus libérateur. Là elle, opposait les pauvres entre eux (le salarié en poste pauvre, le salarié sans poste, pauvre), tout comme l'extrême droite joue et fabrique une opposition nationaux/étrangers. On nous pousse à agir selon l'une de nos propres pentes vers quoi tout concourt à nous pousser. On cultive en nous le ressentiment (une des composantes morales dont la société de concurrence fait son miel), il faudrait toujours que l'on se trompe de colère, qu'on laisse les rapports sociaux inentamés et qu'on entretienne "spontanément" la domination pour mieux nous gouverner (guider nos conduites).
Salaire au mérite, salaire individualisé, politique de précarisation générale, le dit "partage de la valeur ajouté" a basculé en faveur des employeurs et des nantis depuis les années 80'.
Ce n'est pas la richesse qui manque mais bien la politique.
ON fabrique des inégalités pour stimuler la concurrence entre salariés
La victoire de Hollande ne garantit rien d'autre que le départ de N.S, reste à savoir si nous saurons en faire quelque chose, pour notre propre compte, sans rien concéder aux prétendues lois de l'économie aux quelles on cherche à nous soumettre.
Il faudra bien que les salariés, et en particulier les précaires et les chômeurs, comptent sur leurs propres forces pour décider enfin de la société que nous voulons.
Je me dépêche de rejoindre la manif. syndicale à Paris.
Bonne chance à tous,
JPN
à s'asseoir sur leurs principes quand elles en ont un, au moins, quelle déception sachant que la plupart ont fait des études bac + 2(comme quoi on peut avoir un doctorat et faire des fautes d'orthographe et de grammaire).je ne suis pas aigris, je suis desespereé du genre, elles ne me grandissent pas, elle me rabougrissent , elles nourrissent ma honte.